Une trouvaille à la brocante - Sherry Herrera

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Une trouvaille à la brocante

Une trouvaille à la brocante - Sherry Herrera

Une de mes passions est de trouver d’anciens objets. Leur fonction est parfois obscure, car peu de gens gardent en mémoire l’usage de certains artefacts. Une fois, en me promenant dans une brocante de quartier, je trouvais une boîte en bois. Le vendeur l’avait découverte dans la maison qu’il venait d’acquérir et qui avait été précédemment habitée par un peintre amateur. La finition de l’objet était si belle et le prix si intéressant, que je l’acquis immédiatement. Rentré chez moi, j’ouvris avec délicatesse la boîte. Elle était en fait un chevalet portable, comme il en existait au milieu du vingtième siècle. Les trois pieds supportaient un cadre en bois, dépliable qui servait à poser la toile. En dessous, un tiroir compartimenté contenait encore une palette maculée de couleurs et quelques pinceaux. Je m’empressais de mettre en valeur ce très bel objet en posant dessus une marine que j’appréciais. J’avais vraiment fait une bonne affaire.

En regardant les objets exposés chez un antiquaire, je vis une planche de bois, apparemment du hêtre, sur laquelle un grand rectangle fait de quatre montants dans la même matière était fixé. À quoi pouvait servir cet objet ? Le vendeur ne put répondre à ma question. J’emportais l’artefact délicat que je posais sur la table de mon salon pour mieux le regarder. Le temps passait et je n’avais toujours pas trouvé quelle fonction il avait. L’heure de mon traitement pour mes varices au laser approchait, je dus laisser là le mystérieux objet. Quand je revins, une idée m’apparut. J’essayais de tendre une toile par-dessus : la solution était toute trouvée !

C’était en fait un ancien support pour permettre de broder. Je le pris en photo et je l’envoyais à une de mes amies, passionnée, comme moi, d’antiquités. Elle me confirma ce que j’avais découvert. Elle avait, elle aussi, un métier à broder. Enfin, pas tout à fait le même, puisque le sien était bien plus grand que celui que je venais d’acheter. Elle me montra, grâce à la caméra de son ordinateur, à quoi ressemblait l’objet qu’elle possédait. Elle me précisa qu’elle l’avait eu dans une vente aux enchères. Le sien pouvait se poser par terre. Le mien servait plutôt à mettre sur une table. Je lui demandais si elle s’en était servie. Malheureusement, elle n’était pas douée dans les travaux d’aiguilles. Je m’empressais de prendre un tissu que je tendis et je commençais une broderie sur le thème des fleurs.