Une très mauvaise surprise - Sherry Herrera

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Une très mauvaise surprise

Une très mauvaise surprise - Sherry Herrera

Une des particularités d’un conseiller en gestion du patrimoine, c’est d’avoir les mains moins liées, par rapport à conseiller financier. Ils ont la possibilité d’aller beaucoup plus profondément, et beaucoup plus loin, quand un prospect leur dépose une demande. Il y a aussi le fait qu’ils soient tout à fait aptes à proposer la meilleure assurance-vie pour soi, ou pour ses enfants en cas de décès. C’est ce que l’on nous avait toujours dit, si ce n’est qu’au décès de mon père, son assurance-vie était presque à la limite du ridicule.

Ma mère m’avait demandé de l’accompagner pour aller voir un conseiller en gestion du patrimoine différent de celui que mon père avait choisi pendant des années. Elle lui avait déposé le dossier, et lui demandait des explications sur le fait que la somme de 3 000 $ était bien minime, et qu’elle était persuadée qu’elle pouvait en espérer 10 fois plus. Elle avait, disait-elle, vu constamment son mari épargner tout le long des années depuis leur mariage, et qu’il lui avait promis que, si par malheur, il lui arrivait quoi que ce soit, elle ne manquerait de rien. Elle l’avait fermement cru, et espérait que ce nouveau conseiller puisse trouver l’erreur, pour qu’elle puisse empocher une somme beaucoup plus conséquente.

Quelques jours plus tard. Nous fûmes tous devant le fait accompli, que mon père avait pioché dans la caisse, quelques mois avant son décès, et que nous n’en savions rien. Ce qui avait mis ma mère encore plus en colère. C’était qu’il l’avait fait juste au moment où il avait appris qu’il était malade, et qu’il avait préféré donner presque toute la somme à sa plus jeune sœur. Il estimait qu’elle en aurait beaucoup plus de besoins que nous, étant donné qu’elle aussi avait hérité de la même maladie génétique, et qu’elle serait certainement dans le besoin bien assez tôt. Je ne comprenais pas réellement ses calculs à cet instant. Tout ce que je voyais, c’est que je n’avais pas le privilège de passer avant sa propre famille. Génétiquement, je pouvais moi-même avoir hérité de cette maladie, et me retrouver dans un corps meurtri, avec la malchance de perdre une certaine indépendance, et d’être obligé de demander assistance en attendant la fin de mes jours. Ce que la vie me donnait comme leçon ce jour-là, c’était que je ne devais compter que sur moi-même, et non sur une assurance censée aider les survivants. Au fait, qui est censé nous donner l’assurance, que ces assurances ne soient pas utilisées à mauvais escient ?